Chaméane

Le nom de Chaméane[1], Casameana ou « maison du milieu », est apparu pour la première fois dans le cartulaire de l’abbaye clunisienne de Sauxillanges en 995. À mi-chemin entre Sauxillanges et Saint-Germain-l’Herm, Chaméane servit tout d’abord de halte aux moines effectuant le trajet entre ces deux villages.

Brève histoire

Rattachée en 1095 à La Chaise-Dieu, puissante abbaye bénédictine fondée en 1043 par Robert de Turlande, Chaméane fit partie du réseau de prieurés ruraux parfois fortifiés.

Avant la fin du Moyen Âge, l’influence de l’abbaye de La Chaise-Dieu décline et un château seigneurial succède à la maison forte des moines, au centre d’une enceinte flanquée de tours rondes. Ce château fut le centre d’une justice seigneuriale et rurale importante englobant plusieurs communes alentour.

L’histoire de Chaméane est intimement liée à son château qui au fil des siècles va passer de main en main : de Tinières, du Floquet, Boyer de Saunat, les comtes de Chabannes, etc. avant d’être racheté vers 1770 par Guillaume-Michel Chabrol (célèbre jurisconsulte, auteur des coutumes d’Auvergne).

À la fin du XIXe siècle, la comtesse Mathilde Sallier de la Tour (descendante de la famille Chabrol) prend possession du château et y entreprend de nombreux travaux lui donnant sa physionomie moderne.

En juillet 1944, dans la lignée des batailles du mont Mouchet, Chaméane fût le théâtre d’une bataille féroce entre troupes allemandes et maquisards. Le donjon fut alors dynamité et le château incendié par l’armée allemande. Les éléments qui subsistent sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques depuis 1987 et une réhabilitation du site a débuté.

Chaméane, c’était une des magies de la montagne ; je ne laissais jamais passer un été sans revoir le château dans son petit parc de Belle au bois dormant…

Henri Pourrat

Géographie

Située sur les contreforts du Livradois, à une altitude variant de 550 m à 845 m, la commune de Chaméane s’étend sur 1091 hectares et compte une quinzaine de villages, hameaux ou lieux-dits : les Claustres, la Vachère, les Granets, les Noalhats, les Moirats, Barbancet, le Cuel, Le Moulin de la Rode, le Moulin Borel, la Lyrisse, Côtes de Faux, la Guelle, le Pouhat…

Jusqu’à la Révolution, le territoire de Chaméane était bien plus grand ; il comprenait le tènement dit de « La Varenne ». En 1806, après 15 ans de discussion, « la Varenne » est rattaché à la commune voisine du Vernet.

La commune compte aujourd’hui environ 150 habitants (contre environ 500 au XIXe siècle) et a connu, comme toutes ses voisines (St Genès la Tourette, St Quentin sur Sauxillanges, St Étienne sur Usson, Vernet la Varenne) les affres de l’exode rural du XXe siècle.

Outre son économie essentiellement agraire et ses moulins le long du Veysson, Chaméane a su tirer parti de son sous-sol. En effet, des ressources minéralogiques, et notamment l’améthyste dont le plus important filon se trouve aux Claustres, ont permis le développement de carrières. Des recherches furent également menées au cours des années 1960 pour l’exploitation de l’uranium.

Le territoire communal de Chaméane

Blason

Depuis 2001, la commune s’est dotée d’un blason. Il comprend trois parties qui représentent par ordre d’importance l’histoire de la commune.

En chef, des créneaux symbolisant le château qui fit longtemps la renommée de Chaméane.

Sur la partie gauche, les armes des Rogier de Beaufort, famille du « Pape des pauvres » Clément VI inhumé à la Chaise Dieu, rappelant le très ancien attachement de Chaméane à l’abbaye et son actuelle affiliation au réseau des sites casadéens.

Sur la partie droite, les armes de la famille du Drac qui a détenu pendant une longue période le pouvoir temporel et dont Chaméane était l’un des principaux fiefs.

Description héraldique : « d’azur au chef d’or maçonné de sable, crénelé de cinq créneaux, d’argent à la bande d’azur accompagné de six roses de gueules, trois en chef et trois en pointe qui est Roger de Beaufort, d’or au dragon de sinople lampassé et couronné de gueules qui est de Drac ».

 

[1] Pour plus de précisions, le lecteur pourra utilement se reporter au premier bulletin édité par l’association Passé antérieur du Canton de Sauxillanges : « Les origines de Chaméane ».